Science et VieTazzuri en Français

Y’a-t-il un rapport entre Parkinson et les intestins ?

Y’a-t-il un rapport entre Parkinson et les intestins ?

Le Parkinson est catégorisé dans les maladies du système nerveux ? Des chercheurs québécois proposent une autre explication. La forme héréditaire de la maladie serait auto-immune et son origine vient d’une de l’intestin après une infection.

La maladie de Parkinson, décrite par James Parkinson en 1817, est une maladie neurologique chronique dégénérative (perte progressive des neurones) affectant le système nerveux central responsable de troubles progressifs : mouvements ralentis, tremblements, rigidité puis troubles cognitifs.

La question Génétique :

L’implication de facteurs génétiques dans la maladie de Parkinson (MP) a été démontrée par la découverte de loci chromosomiques liés à la maladie puis des gènes responsables de formes de transmission mendélienne. Concernant les formes autosomiques dominantes, les gènes SNCA et LRRK2  sont formellement associés à la maladie. Le gène SNCA joue un rôle central dans la pathogénie de la maladie et la mutation G2019S du gène LRRK2  est la plus fréquente en population caucasienne. D’autres gènes ont été plus récemment associés à ces formes comme VPS35 , EIF4G1  et les gènes des ataxies spinocérébelleuses 2 et 3. Concernant les formes autosomiques récessives, les gènes PRKN , PINK1  et DJ-1  sont identifiés et les mutations de la Parkin représentent près de 50 % des formes précoces de la maladie. À côté de ces formes monogéniques, les études d’association pangénomique ont identifié des facteurs de susceptibilité génétique à développer la MP. Les variants les plus robustes sont retrouvés au sein des gènes SNCA , MAPT et LRRK2 . Des mutations hétérozygotes du gène de la glucocérébrosidase constituent également un facteur de risque pour la MP voire seraient des mutations causales à pénétrance réduite. L’étude de la pathogénie de ces différents gènes a permis de proposer des mécanismes associés à la neurodégénérescence comme le dysfonctionnement mitochondrial, le stress oxydant, l’altération des voies de dégradation des protéines et des organites cellulaires et la perturbation du transport des vésicules. Le développement actuel de puissantes techniques de séquençage permettra d’identifier de nouveaux variants pathologiques associés à la MP et ainsi de mieux comprendre les mécanismes associés à la mort neuronale dans le but de développer des traitements efficaces sur le cours évolutif de la maladie.

Parkinson chez les souris :

Dans une première étape, les chercheurs ont travaillé in vitro sur des cellules cérébrales humaines et murines pour trouver une combinaison de substances capable de transformer les astrocytes en neurones producteurs de dopamine. La meilleure combinaison trouvée a permis de transformer jusqu’à 16% des astrocytes en neurones dopaminergiques.

Dans un second temps, l’équipe a travaillé in vivo sur un modèle murin de la maladie de Parkinson. Les chercheurs ont injecté un virus qui a transporté les substances sélectionnées, dans la zone du cerveau où se trouvent habituellement les neurones dopaminergiques. Ils ont alors constaté chez les souris une amélioration des symptômes moteurs associés à la maladie, notamment au niveau de la marche.

Si cette étude démontre qu’il est possible de reprogrammer des cellules pour produire de la dopamine, il reste pour l’équipe à mesurer l’innocuité de la méthode et à confirmer son efficacité chez l’humain.

Notons qu’une autre approche de thérapie génique dans le cadre de la maladie de Parkinson a d’ores et déjà fait ses preuves chez l’humain lors d’un essai clinique de phase I/II. Cependant, le mécanisme est différent puisqu’il s’agissait d’augmenter la production de dopamine des neurones dopaminergiques existants.

Le défi majeur de la thérapie génique est d’obtenir que ses bénéfices persistent suffisamment pour éviter la répétition des injections.

L’infection intestinale comme déclencheur :

Ces résultats suggèrent que la maladie de Parkinson commence dans l’intestin. Après l’infection, il y a la création de lymphocytes T cytotoxiques. Ces cellules du système immunitaire vont parcourir le corps à la recherche de cellules qui présentent des protéines aberrantes. Elles détruiraient ainsi les neurones producteurs de dopamine.

« Notre modèle suggère que c’est possiblement des infections que l’on peut attraper durant toute notre vie qui déclenche éventuellement une réponse auto-immune. Cela va prendre plusieurs années aux lymphocytes T cytotoxiques à atteindre le cerveau pour détruire progressivement les neurones et mener à des symptômes moteurs », avance le chercheur.

De nouvelles voies thérapeutiques :

Avec cette fenêtre d’intervention, Michel Desjardins pense que l’on pourrait développer des approches thérapeutiques visant à moduler la réponse immunitaire chez les gens qui présentent la mutation du gène PINK. « Si on empêche la mise en place de cette réponse auto-immune dans l’intestin plusieurs années avant, on pourrait ralentir ou empêcher le développement de la maladie », suggère le professeur. Mais la science n’est pas encore au point. Plusieurs autres étapes sont nécessaires. « En ce moment, il n’y a pas de marqueurs précoces qui annonceraient la réaction auto-immune », précise-t-il.

La recherche s’adresse à une minorité de patients puisque seulement 10 % d’entre eux présentent la mutation qui serait responsable de la réaction auto-immune. Michel Desjardins ne baisse pas les bras. « Des gènes associés à la maladie, on en découvre constamment. Il y a probablement un grand nombre de patients sans mutations connues qu’il faut encore identifier. »

 

La source : La presse

 

 

_____________________________________________________________________________________________________________

Donnez votre avis en laissant un commentaire en bas

_____________________________________________________________________________________________________________
Vous aussi, vous pouvez participer en envoyant vos contributions à notre messagerie : https://tazzuri.net/contactez-nous/
Ou à notre boîte email : tazzuri.contact@gmail.com

Related posts
LittératureScience et Vie

Apprendre une langue étrangère n’est pas si compliqué

PolitiqueTazzuri en Français

LETTRE DE LA SOUMAM

LittératurePolitiqueSociétéTazzuri en Français

HEND SADI : Mes Aïds

Science et Vie

S’endormir en moins d’une minute

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *