Politique

Tempête de neige au pandémonium et Sirocco au paradis.

Tempête de neige au pandémonium et Sirocco au paradis.

Le mois de septembre est propice aux changement climatiques. Celui qui souffle actuellement , de par les causes qui l’ont fait naître , aggravent la défiance historique qui oppose  la Kabylie au régime. Survenant au moment où le système algérien est ébranlé de l’intérieur et pressé de l’extérieur, la méconnaissance des origines de la révolte , appelons les choses par leur nom, et les réponses bricolées pour la circonstance n’augurent de rien de bon.

La situation du régime dégénère jour après jour. Jamais gouvernement n’a compté autant de ministres qui affichent aussi ouvertement leur morgue et leur détermination à dépecer le pays. Réduisant leur champ d’activité à des apparitions furtives dans des flashs d’infos, incapables d,aller dans n’importe quelle localité du pays.  Leur emboîtant le pas l’administration, tous secteurs confondus, fonctionne au bakchich pendant que la diplomatie livre le pays à des marchandages arabesques au profit des monarchies du golfe  ;  les gouvernants du moments négocient leur protection en hypothéquant le présent et le futur économique et géopolitique de la nation.

Les bénéficiaires de ces  émanations morbides poussent des cris d’oies pendant que les citoyens, plus particulièrement les jeunes, sans doute portés vers l’excès par le sentiment de vengeance qui les anime, commentent avec une féroce jubilation les frayeurs de la Cour de justice qui les emprisonne sans motif.  L’Algérie est bien en train d’amorcer un virage.  Gaid-Salah et Bensalah viennent de révéler les limites des mises en scène courtisanes. Scandales à répétition, Sonatrach, Khalifa, Autoroute Est-Ouest, sont des dossiers brûlants que les décideurs ne veulent pas voir ouverts .

Dans une telle décomposition  du champ institutionnel, il est extrêmement difficile de distinguer le décideur de l’exécutant. Des milliardaires de pacotille  Sont livrés à la vindicte populaire pour calmer la colère de la rue, d’anciens hauts responsables, sont envoyés en prison selon la volonté du général du moment, tentant de dévier ou du moins distraire le lit d’une révolution grandissante. Les risques de dislocation sont réels, le poisson pourrit toujours par le haut.

La crise  est exemplaire de ces dossiers poudrière évoluant depuis des années dans le tabou, le calcul politicien ou le clientélisme. Au lendemain de l’indépendance, les populations, étaient traitées avec une condescendance. Un Chef de panel morose et  momifié exposé à la destinée nationale, se projette dans le rôle d’un  petit proconsul qui veut administrer un pays avec le confort et la sécurité du conquérant convaincu de pouvoir imposer indéfiniment son autorité à un peuple.

Ce déni de réalité opposé aux aspirations des citoyens qui veulent se voir associés à la gestion et à l’exploitation de leur pays trouve son explication dans une incohérence conceptuelle politique qui remonte à loin. Le pouvoir algérien a de tout temps été formaté par les affinités régionales dont les subtils équilibres n’ont été rompus que par le récent tribalisme tentaculaire du chef d’Etat-Major , qui rappelle de leur retraite des officier sexagénaires issus de la tribus. Pour autant, s’il est bien un tabou que nul n’ose aborder sérieusement aujourd’hui c’est celui de la décentralisation de l’Etat : le régionalisme oui, la régionalisation, non.  C’est ce chantier qui explose dans la colère et le désordre.  Refusant d’admettre les origines du problème, le pouvoir algérien patauge. Comme toujours, confondant les causes et les effets. Tentative de fractionnement du mouvement par les vieilles manœuvres de la répression-corruption…Cela peut faire gagner du temps qui, en fait, correspond  à autant d’occasions perdues.  Au lieu de saisir l’opportunité de traiter avec des représentants légitimes et crédibles, les apparatchiks d’Alger préfèrent nier la nature éminemment politique d’un problème important et sensible en disqualifiant les jeunes qui se sont levés  par des méthodes policières. Les portes de la radicalisation sont ouvertes  dans un pays où s’accumulent les revendications identitaires, les frustrations sociales et les reconfigurations géopolitiques. Les lendemains algériens se conjuguent au rythme des tempêtes de neige et des siroccos non anticipés. Et dans une crise de confiance, quand les apparences de la réalité corroborent une préjugé, c’est que le passif est trop lourd pour être retenu par  une action ou une parole de routine, surtout quand on en a abusé.

Quand il y a trop de policiers à Alger et pas assez à protéger les citoyens des villes de l’intérieur, quand trop de détournements détournent l’attention du gouvernement, c’est que la météo politique est trop déréglée pour anticiper les tempêtes. De neige ou de ch’hali.

Mustapha Kassi

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