Société

Algérie/ Hommage à la défunte Imane Chibane

imane chibane
La jeune journaliste, âgée à peine de 27 ans, Imane Chibane est décédée, en compagnie de son mari, dans des conditions dramatiques à la suite d’une asphyxie provoquée par à l’inhalation d’émanations de monoxyde de carbone. Une très vive émotion sera certainement partagée lors de la cérémonie de l’enterrement d’Imane Chibane et de son époux, Khellal Fahim, au cimetière Sidi Amar Chérif dans la commune de Chorfa, wilaya de Bouira. 
Imane Chibane faisait partie de la nouvelle génération des féministes algériennes qui prennent la parole en public. Elle gère la page Facebook « Féministes algériens en mouvement (FAM) » et a lancé le groupe Facebook « Ma dignité n’est pas dans la longueur de ma jupe ». Blogueuse, féministe et femme engagée, Imane Chibane incarnant l’espoir de cette nouvelle génération de jeunes journalistes algériens. Pour lui rendre hommage, La rédaction d’Algérie Part a préféré republier l’un de ses textes les plus émouvants consacrés aux violences faites aux femmes dans notre pays. Ce texte a été publié par la défunte journaliste lorsque toute l’Algérie était secouée par l’assassinat de Razika Cherif  à M’sila par un automobiliste harceleur en décembre 2016. Ce texte résume la personnalité attachante de notre consoeur qui vient de nous quitter dans des conditions tragiques.
« Rues de mon pays…qu’avons nous donc fait? Pourquoi nous lyncher? Nous humilier, nous brûler, nous déshabiller… Et pire encore, nous tuer… Tant de haines que dégagent tes pavés, tes pistes et tes chaussés, hostile est l’air a nos poumons… Rues de mon pays pourquoi brûle tu sous les pieds des femmes, à croire que ta terre n’a pas été arrosée de mon sang et de ma sueur, pourquoi tant d’ingratitude. On criait halte à la haine, ils disaient ne faites pas attention ce ne sont que des femens, on criait au danger, c’était à votre goût un peut trop exagéré. Je disais avoir peur dans les rues, avoir besoin d’une lois, vous me demandiez de comprendre, moi la demi cervelle ce pauvre homme qui devant ses pulsations succombe, ainsi est la volonté de dieu, je dois m’y plier. Et vous autres femmes qui avez rendu les armes, et défendez le bourreau, vous y avez fendu avec l’honneur, l’orgueil et la vie… Oui aujourd’hui vous rendez les âmes. Il ne s’agît plus d’acides sur les visages des impies, des prostitués aux jambes découvertes… Il s’agit cette fois d’un excès de fierté, non pardonné, non toléré, cette femme qui refusa de se faire insulter, elle le paye de sa vie. Allez donc dire à ses parents, elle aurait du se taire, vous êtes audacieux, vous le ferez, justifiez l’acte du criminel… Trop courte la jupe? Trop serré le pul ? Trop maquillé le visage? Ou est donc la faille… Voyez vous! Elle est morte… Il a tué, elle a peut être touché son honneur de mâle en répliquant, elle n’est plus. J’ai le coeur serré et le souffle qui se coupe, à sa mémoire #Razika_Cherif je lève mon verre et toutes les braves qui a sa mémoire feront honneur, et mon doigt à tous les sous hommes, à tous les mâles, à ma société qui m’enterre vivante.
Combien d’autres faudra-t-il tuer encore? Combien d’entre nous mourrons pour que vive la liberté, juste un peu de liberté. Faites parler d’elle, ne la laissez pas mourir pour rien, qu’elle soit la dernière, et que son tueur réponde pour ses actes comme tout autre criminel, comme toutes ces énergumènes dans les rues. »
Imane Chibane

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