Politique

Algérie/ Contribution : L’A.N.P ce parti politique

Algérie/ Contribution : L’A.N.P ce parti politique

Par Saadeddine Kouidri 

L’Armée Nationale Populaire fait office de parti dominant dans la scène politique algérienne. Le « Hirak » exige l’État civil et non militaire (Dawla madaniya machi askaria)  synonyme dans ce cas de l’alternance au pouvoir. L’actuel Président, à l’instar de son prédécesseur, a été désigné par l’Institution militaire. On observe qu’il n’a pas donné le moindre signe de changement, mais bien au contraire. Les emprisonnements arbitraires, le black-out sur l’information et particulièrement sur le « Hirak », les  désignations  de deux anciens ministres de Bouteflika dans le dernier remaniement du gouvernement et celle de Goudjil comme Président du Sénat en sont des illustrations flagrantes en sus de la convocation pour le 27.02.21 reportée au 1er avril du professeur Saïd Djabelkhir par la justice et qui relève de l’inquisition!

On constate que le changement  tant exigé par le Hirak, que le peuple espérait n’est toujours pas à l’ordre du jour des décideurs. Nous sommes tous d’accord que les dangers pour le pays, dans le monde actuel sont nombreux et que celui de nous vient de l’extérieur est proéminent mais est ce pour les mêmes raisons ? Le danger n’est réel que parce que notre système de défense n’est pas adossé à  la société la plus dynamique. Aujourd’hui cette dynamique est au « Hirak ». Ce mouvement citoyen conscient du danger alerte depuis deux ans son peuple et le pouvoir, mieux que ne le font le  chef d’état major le Général Chengriha et ses médias.

Le Président Téboune, en prenant en charge les zones d’ombres et en empruntant  le langage du peuple a entrouvert un espoir vite dissipé. Néanmoins les deux actions s’ils se poursuivent sont louables tout en étant insuffisantes, face aux desseins de ceux qui détruisent les Républiques comme l’Afghanistan, la Somalie, l’Irak, le Yémen, le Liban, la Syrie, le Mali, tout en préservant les royaumes arabes ! Pourquoi préservent-ils les royaumes arabes ? Tout simplement parce qu’ils  sont aux mains du roi, du privé national et étranger.

Le capitalisme, toujours en expansion, exige la privatisation de toutes les richesses du monde.  Pour les capitalistes, ce qui n’est pas privatisé ne peut être que mal géré !  Les pays non capitalistes ne sont que des anomalies  aux yeux du monde occidental. Il faut donc y pallier. Ils inventent plus d’un subterfuge dont la « démocratie libérale » est leur  cheval de Troie pour s’approprier des richesses publiques des Républiques en voie de développement. Le Mali avait une armée forte. Ils ont donc commencé par l’affaiblir avant de l’occuper.

La finance mondiale  perçoit notre pays comme un ennemi car nous persistons à bloquer la privatisation de SONATRACH. Nous les retardons dans leurs desseins. L’évolution de l’économie suit la cadence de l’intérêt des multinationales et des oligarques.

 Nous sommes donc face à un ennemi qui pense que notre économie est transitoire tant qu’elle ne dépend pas exclusivement de son agenda. Programmer une transition politique durant cette période est, dans ce cas, une faute. Le pouvoir est faible, et souvent désemparé, parce qu’il ne prend pas en compte, ce danger qui ne peut être circonscrit que grâce à la mobilisation et à la conscientisation du peuple sur les problèmes de l’heure. Le danger prend sa source dans le mépris du peuple par les dirigeants de l’Etat. Son antidote est le mouvement citoyen et sa pérennité.

Le « Hirak », qui ne peut être dans le meilleur des cas que cette  agora qui dure depuis deux ans et qui doit durer pour l’éternité, car les problèmes politiques sont éternels. Le mouvement citoyen est la meilleure façon d’actualiser la conscience politique à l’échelle individuelle, comme à l’échelle de la nation. Il pallie crescendo à la démobilisation, à la dépolitisation entretenue par le pouvoir depuis Chadli et accentuée par 20 ans de règne de Bouteflika, ce civil ramené par des militaires ! Pour la conscientisation politique de tout un peuple, il faut que tout le peuple s’y mette en prenant du temps et avec de la patience et de la persévérance, on finira par trouver le chemin.

Des millions d’algériens qui tentent de débattre, chaque vendredi pour sortir de la mal vie et trouver des solutions aux dangers qui les guettent est l’alternative au parti politique quel qu’il soit, civil ou militaire, démocrates ou non. On ne peut prédire à quoi peut aboutir un débat populaire, on sait juste qu’il est nécessaire, vital.  Il peut être, dans le meilleur des cas, une façon inédite, de reprendre le chemin de l’État démocratique et social, qui rappelle l’appel de Novembre, dans un monde capitaliste que la pandémie du Covid 19 vient consolider pour le moment, tout en le fragilisant à long terme.

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