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Algérie/ Dr. Said SADI : « L’islamisme est historiquement mort… »

Dr. Said SADI : « L’islamisme est historiquement mort… »

Dans sa dernière contribution intitulée « Algérie : Temple des archaïsmes », Dr. Said SADI a dressé un bilan accablant du régime algérien qu’il a qualifié d’« archaïque » et de « tétanisé » en menant la politique de « l’autruche » en tournant le dos à la modernité pendant que certains pays du tiers monde choisissent d’autres paradigmes pour gérer leur cité. Le pouvoir algérien demeure autiste en observant un « mutisme », y compris l’opposition devant les « évolutions culturelles planétaires ».  

 

En mettant en exergue quatre faits qui ont marqué l’actualité internationale notamment dans le monde musulman, Dr. SADI a voulu souligner les signes avant-coureurs d’un changement de paradigmes de certains pays. Dans ce contexte de dynamique sociétale dans ces contrées, le régime algérien choisit le « temple des archaïsmes ».

Le Liban a tiré les enseignements éclairés des défaillances d’un État confessionnel pour consacrer officiellement la laïcité de l’État. De même pour le Soudan qui décide de mener une transition démocratique en adoptant en séparant le politique du religieux, dit autrement, la laïcité comme valeur démocratique pour arbitrer d’une manière neutre le multiconfessionnalisme.

En outre, la Tunisie projette le bannissement des sonorisations pour l’évocation à la prière. Par ailleurs, l’auteur de « La guerre comme berceau, 1947-1967 » a évoqué le prêche de l’Imam de la grande mosquée de la Mecque dans lequel il a engrené la décision des Emirates Arabes Unis de normaliser ses relations avec Israël. Ce prédicateur a rappelé « des séquences de l’histoire islamique où des relations apaisées avaient existé avec les deux autres religions monothéistes ».

Pour Dr. SADI, ce ne sont aucunement des événements anodins, mais des « symptômes d’un mouvement de fond, elles méritent plus de temps et d’attention ».

L’auteur du roman en Tamazight « Askuti » a tiré trois enseignements en accablant une certaine élite qui s’abrite « derrière l’hypothétique ralliement du peuple au fondamentalisme » en décrétant « que la simple évocation de la laïcité était au mieux une imprudence au pire une provocation pour ne pas dire une profanation ». Pour Said SADI, la conquête des conservateurs en Algérie s’est faite notamment avec la désertion de la famille démocratique. En fait, Said SADI voudrait désigner certains partis politiques dits démocratiques qui ont choisi la voie de la compromission avec la mouvance islamo-conservatrice.

Le deuxième enseignement tiré par Said SADI consiste en l’établissement de la relation qui pourrait exister entre « la nouvelle exégèse » faite par l’imam de la grande mosquée de la Mecque et les élections aux USA au mois de novembre prochain (les présidentielles) . Une stratégie choisie qui pourrait être au profit de Trump en difficulté au niveau intérieur. Ce dernier pense tirer des dividendes de cette « incandescence scène moyen-orientale » pour briguer le deuxième mandat. Un exemple caricatural de la soumission d’un dogme religieux (l’islam) au service d’une politique extérieure. Le troisième enseignement réside dans le « mutisme » du pouvoir algérien, y compris l’opposition, dans un contexte où on assiste à une dynamique du monde musulman pour apporter des mutations profondes. Le Soudan a compris que la stabilité du pays est conditionnée par la consécration de la laïcité pour assurer « paix et stabilité »’. Par ailleurs, le gouvernement algérien « enkysté dans la paralysée et ou la paresse politiques » en envisageant de s’offrir une nouvelle constitution qui va reprendre un article « L’islam religion de l’État » considéré par l’auteur de « Algérie, l’échec recommencé ? » comme « incohérence intellectuelle et aberration constitutionnelle ».

L’inauguration de la grande mosquée d’Alger le premier novembre prochain, est une manière selon SADI de souiller cette date symbolique. Une infrastructure ou l’« horreur urbanistique » incarnant la « gabegie et de la corruption nationales ».

Dr. SADI affiche une incompréhension totale vis-à-vis « des acteurs politiques non acquis à l’islamisme » en surfant sur le populisme et la ruse en s’inscrivant dans une posture électoraliste au détriment de la défense des fondamentaux qui ne pourrait être que vaine.

« L’islamisme est historiquement mort », selon SADI. Il l’explique en essayant de le relier à la guerre froide qui exploité par l’occident pour « contenir à peu de frais l’influence communiste ». « Cette sous-traitance » qualifiée « géopolitiquement obsolète ».

Enfin, pour Said SADI, l’Algérie plus qu’ailleurs, « le combat pour la laïcité est à l’ordre du jour », une question à assumer par ses défenseurs pour sortir de « cette anesthésie nationale » qui frappe une certaine élite intellectuelle. « …cet événement (le jugement des auteurs de l’attentat de Charlie Hebdo, perpétré par les islamistes) n’a pas suscité un mot de la part d’un intellectuel algérien. Un silence qui résonne douloureusement dans un pays où les journalistes ont été les premières cibles de la barbarie islamiste. Soulignant ce repli sur soi amnésique, dans la même semaine, des journalistes français manifestaient devant l’ambassade d’Algérie à Paris pour exiger la libération de leur confrère algérien Khaled Drareni ».

Par ailleurs, Dr. SSADI a condamné l’acte d’agression qu’a subi Ferhat Mhenni à Paris par la barbouzerie en manifestant sa solidarité totale.

                                                                                         Kamel Amari

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