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Algérie/ Dr. SADI : « Les islamistes tronquent la Soummam, le pouvoir la ghettoïse… »

Dr. SADI : « Les islamistes tronquent la Soummam, le pouvoir la ghettoïse… »

Dans sa contribution intitulée « Badissiya novembriya : de Nasser à Taleb Ahmed », Dr. SADI nous revient avec une analyse approfondie loin de la langue de bois, comme à son accoutumée, pour déconstruire le discours mensonger et une escroquerie manipulatrice du système qui associe l’appel du premier novembre à l’association des Oulémas. Ces derniers n’étaient pas seulement des partisans de la politique de l’intégration, mais ils ont condamné cette insurrection armée contre le colonialisme français. Il a souligné aussi cette alliance « islamisme-militarisme » qui s’invite à chaque fois qu’une alternative républicaine et démocratique émerge.

 

Le fil conducteur de l’analyse du Dr. SADI traitant la thématique des valeurs de la Soummam est axé essentiellement sur la falsification de l’Histoire en vue de manipuler la population. Les deux faces d’une même médaille, en l’occurrence le pouvoir ( militarisme) et l’islamisme, partagent le même projet de société qui consiste à bloquer toute émergence d’une troisième voie républicaine et démocratique. Celle-ci a vu sa naissance à Ifri un certain 20 août 1956. Mais cet idéal de la construction d’un État moderne loin de la monarchie ou de la théocratie. C’était le vœu des congressistes de la Soummam en traduisant le sens profond du peuple algérien pour bâtir un État de droit, une république démocratique et sociale.

Malheureusement cette « source et mirador du projet démocratique » a été avorté par les opposants de Abane au Caire en 1957 qui ont préféré se soumettre aux exigences de Jamal Abdenasser.

À travers son texte, Said SADI voulu dénoncer les manipulations des ennemis de l’esprit de la Soummam en faisant dans la récupération de cet événement majeur de l’Algérie contemporaine qu’elle qualifie de manœuvres dangereuses et d’« escroquerie du système ». En lisant certains écrits de « la famille qui recule » suggèrent que la « badissiya novembriya » serait l’initiatrice de l’appel du 1er novembre 54.

Dr. SADI a évoqué aussi la tentative de souiller la mémoire de la Soummam, lors de la commémoration le 20 aout dernier, par « un groupuscule » qui a voulu se verser dans la provocation, heureusement déjouée, en levant une pancarte en demandant en quelque sorte la réhabilitation politique d’un ex. responsable du FIS, qui était l’un des responsables de la tragédie islamiste des années 90. Il pense que « le parasitage islamiste » doit être combattu et ne jamais le sous-estimer.  Contrairement à ceux qui préfèrent adopter une autre attitude dangereuse par certains acteurs politiques « en cruel de repères et de stratégies ».

À chaque fois qu’un événement ne peut pas être « enterré » ou opter pour la répression, selon SADI, le pouvoir la stratégie de : la pollution, la récupération et la manipulation. Ceci est la caractéristique des régimes ou systèmes autoritaires. Les politistes les dénomment aussi les pays de la « zone grise ». Dit autrement, ni totalitaire ni démocratique. C’est dans cette optique que le pouvoir algérien évite de recourir à des méthodes répressives circonscrites.

Comme il a interprété l’adhésion hypocrite des islamistes à la plateforme de la Soummam en faisant une « lecture monoculaire » en s’appropriant du principe de « la primauté du politique sur le militaire » mais détourne son attention lorsqu’il s’agit d’évoquer le point sur la monarchie ou la théocratie. Si le pouvoir boycotte l’événement à l’échelle nationale, mais tolère des célébrations localement, une manière réconforter la thèse de Nasser qui a qualifié le projet soummamien de l’œuvre des exclusivement des Kabyles. Selon Dr. SADI, la scène d’Ifri du 20 août dernier est une preuve irréfutable de « la collusion pouvoir-islamistes ».

Par ailleurs, Said SADI ne voit pas une autre alternative salutaire au pays en dehors de « briser l’encerclement maléfique » en déjouant leur plan diabolique. « Du point de vue du système FLN, la guerre de libération est et restera une boutique théocratique qui est le contraire de ce que préconisait la Soummam », souligne-t-il.

La question de l’entrisme islamiste dans les institutions de l’État notamment par Taleb el Ibrahimi et le dévoiement de la Révolution envers le fondamentalisme a été aussi abordée.

La censure, l’emprisonnement des journalistes, la diabolisation des citoyens opposants aux idées rétrogrades, tout un environnement favorable au dogmatisme religieux crée, selon SADI, un déséquilibre et empêche ainsi l’émergence de l’alternative démocratique.

Pour Dr. SADI, une leçon d’Histoire contemporaine bonne à retenir : à chaque fois que la Kabylie est stabilisée, c’est un saut qualitatif qui va être répandu à l’échelle nationale.

En définitive, on pourrait déduire que tant que l’option de la transition démocratique n’est pas encore adoptée, c’est l’éloignement de la construction d’une Algérie démocratique, républicaine et sociale comme souhaitée par les Soummamiens. Tant que l’alliance « pouvoir-islamistes » demeure, c’est l’Algérie qui s’effriterait de plus en plus. Tant que le débat sur le système de gouvernance n’est pas enclenché, c’est « la famille qui recule » qui va continuer de bricoler et à gérer tout un pays comme une simple boutique du coin.

L’Algérie est à la croisée des chemins : ou c’est l’aboutissement de l’esprit de la Soummam à travers l’esprit de la Révolution de Février, ou c’est « l’inconnu connu ».

 

                                                                                     Kamel Amari

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