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Algérie/ Dr. SADI : « Pour le despote, l’Histoire se confond avec sa durée de vie politique »

Algérie/ Dr. SADI : "Pour le despote, l’Histoire se confond avec sa durée de vie politique"

Dans un entretien accordé au quotidien EL Watan, réalisé par Nadir Iddir , Dr. SADI apporte des explications sur ses motivations de l’écriture de ses Mémoires. Le premier tome qui couvre les vingt premières années de sa vie ( 1947 ), va paraître le 20 août prochain. Une date hautement symbolique. Elle correspond au 64eme anniversaire de l’organisation du congrès de la Soummam le 20 Août 1956. De la période coloniale française à celle de la dictature de Boumediène après son coup d’État organisé le 19 juin 1965. Cette première partie était consacrée à ses premiers pas dans la vie et ses vicissitudes ainsi que son parcours scolaire et militant notamment au lycée Amirouche ( Tizi Ouzou).

   L’entrevue accordée à El Watan a été une opportunité au Dr. SADI d’Expliquer les motivations et la nécessité de rédiger ses Mémoires car elles représentent comme un miroir de notre destin et évitent des falsifications et manipulations « Il était donc essentiel de dire d’où est venue la génération d’Avril 80 à laquelle j’appartiens et de relater les événements qui l’ont pétrie. L’autre raison importante qui m’a persuadé d’écrire ces mémoires, c’est la nécessité d’éviter que nos luttes ne connaissent les mutilations et falsifications qui ont marqué les combats de ceux qui nous ont précédés ».

À travers l’interview, on comprend facilement que ce premier tome traduit une autobiographie de l’auteur en axant sur les aspects primordiaux de la construction de la personnalité. Comment l’Homme s’est construit depuis l’enfance. L’enfance est une forme d’investissement pour l’âge adulte voire la vieillesse.

Étant donné que Said SADI est l’un des acteurs clefs du printemps amazigh de 1980 à travers son engagement notamment de réflexions et d’élaboration de stratégies pour faire face au régime dictatorial.

En ce qui concerne sa vie privée et familiale, deux personnages ont joué un rôle clef dans la réussite dans ses études sont : sa sœur aînée et son père. La première pour le système d’émulation qui l’a installé pour la concurrence entre la fratrie. Mais son père, il a pris l’engagement de financer les études des enfants quel que soit la situation.

Sans doute le Tome 1 de ses Mémoires est alterné entre le parcours et l’analyse politique contextuelle.

Dr. SADI a essayé de relater des faits historiques relatifs à la vie politique du pays en les interprétant. Il a dénoncé le populisme qui a touché « les centres de décision névralgique du mouvement national, puis de la guerre de libération et plus tard, de l’Algérien indépendante« .

Pour Said SADI, l’assassinat de Abane Ramdane en 1957 représentait voire dessinait « une crise morale et politique » majeure pour le pays. Depuis, 1962, c’était « le fleuve détourné » pour reprendre le titre d’un roman de Rachid Mimouni, une agression contre le GPRA, « l’Algérie légale« .

L’auteur de « Algérie, l’échec recommencé » a mis en exergue notamment son passage au Lycée Amirouche car celui a été d’un apport capital dans la formation de l’élite intellectuelle de la Kabylie. Et d’ailleurs, il l’a illustré par le renforcement du cercle de culture berbère de Ben Aknoun , vers la fin des années 60, qui avait soutenu Mouloud Mammeri.

Enfin, les deux autres tomes des Mémoires du Dr. SADI seraient attendus pour Yennayer et le printemps berbère prochains.

Ce qui va distinguer sans doute les Mémoires de Said SADI des autres autobiographies, c’est la double caquette de l’intellectuel et de l’Homme politique. Dans ses écrits, on décèle facilement sa fascination à l’Histoire et à sa touche philosophique en essayant de résumer la complexité situationnelle par des formules simplifiées faciles à retenir et comprendre.  Il n’a jamais surfé avec le populisme car il représente un frein à la construction réellement démocratique.

En quittant la présidence du parti en 2012, il a voulu donner une leçon de pédagogie politique pour passer le flambeau à la nouvelle génération. Il ne veut pas faire de l’ombre à d’autres en leur donnant la chance de s’affirmer. Il n’ y a que « le despote » qui « confond l’Histoire avec sa durée de vie politique« . Seulement, vu le changement de ligne politique de la nouvelle direction du parti qu’il a créé avec Mustapha Bacha et Ferhat Mehenni, sans doute Dr, SADI serait déçu de ce revirement notamment après la signature de son ancien parti avec des cadres de l’ancien du FIS. Ce qui ne cadre pas avec sa vision voire éthique politique. Cet aspect va vraisemblablement être souligné dans le troisième tome.

À propos des examens de psychiatrie organisées en prison que la police a tout fait pour les invalider en exerçant des pressions sur le ministère de la santé et de l’enseignement supérieur, Dr. SADI précise : « Le professeur Boucebci était le président du comité national pédagogique de psychiatrie mais il n’avait pas assisté aux réunions des comités devant organiser les examens. Il a simplement dit que la loi autorisant un détenu à se présenter à des examens, elle devait être appliquée à tout prisonnier quelles que soient ses opinions. Ce qui fut fait. Il a démissionné de son poste quand plusieurs semaines après les épreuves la police a décidé de faire pression sur le ministère de la santé et de l’enseignement supérieur pour invalider mon succès. Mais nous sommes déjà là dans le tome 2. »

MISE A DISPOSITIONEn attendant une plus large distribution, voici la liste des premières librairies où on peut d’ores…

Publiée par Said SADI sur Lundi 17 août 2020

                                                                                                                      Kamel Amari

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