Politique

Algérie/ Contribution : 20 Août 1956 -20 Août 2020 : Deux esprits révolutionnaires pour une Algérie plurielle, libre, démocratique et sociale

20 Août 1956 -20 Août 2020

À la veille du 64eme anniversaire de l’organisation du congrès de la Soummam le 20 Août 1956, nous avons tous besoin de faire une halte pour essayer de comprendre notre Histoire. Notre grande Histoire notamment essayer de faire parler cet événement hautement symbolique vu sa portée. Il a été un acte fondateur de l’Algérie moderne en consacrant un certain nombre de principes réhabités après les manifestations du 22 février 2019 au niveau national.

Le mouvement révolutionnaire d’aujourd’hui a besoin plus que jamais de vraies fondations. La révolution rime avec les structures profondes et non superficielles. D’où l’Exigence historique de doter la Révolution du 22 février d’un texte fondateur révolutionnaire traduisant les aspirations profondes du peuple algérien. Ce dernier a tranché pour le système de gouvernance démocratique. Il n’y a aucun doute sur cet aspect. Toutefois, la démocratie a ses principes. On ne peut pas parler de démocratie sans : la séparation du politique du religieux, l’égalité entre les citoyens et les citoyennes devant le droit, le respect et la protection des minorités, l’alternance au pouvoir, séparation des pouvoirs, les libertés individuelles et collectives, la liberté d’expression et de la presse, liberté de culte et de conscience…

Personnellement je n’en crois pas à la possibilité de faire aboutir cette révolution en cours sans l’élaboration de ce texte fondateur qui va consacrer ces valeurs inaliénables. La démocratie n’est pas la tyrannie de la majorité mais c’est aussi le droit à l’opposition d’exister.

Le peuple algérien attend de son élite de transformer leur révolte en projet et de traduire leurs aspirations en vision du monde bien claire. Par ailleurs, pour instaurer la démocratie en Algérie, rien ne serait possible si on ne crée pas le rapport de force nécessaire afin d’imposer une phase transitoire pour asseoir les mécanismes de consolidations démocratiques. C’est durant cette phase quel le transfert s’effectuerait pour enterrer définitivement le régime autoritaire voire dictatorial. C’est l’ensemble de ces valeurs communes que la société algérienne dans sa diversité pourrait cohabiter et assurer le vivre ensemble. C’est de ce texte fondateur qui va consacrer désormais la possibilité de gouvernabilité sans aucune violence. Si la politique existe, c’est parce que la société est traversée par divers courants idéologiques.

Si la Révolution a fait naître une société politique en Algérie, son élite a le devoir de ne pas décevoir son peuple car le populisme est l’ennemi de la démocratie. C’est pour cela, nous n’avons pas le droit de mentir ou fuir à notre responsabilité de faire des propositions rationnelles loin de toute considération idéologique restreinte, mais en respectant les chartes et conventions internationales en matière des droits humains.

Dans cette 2eme phase révolutionnaire, un saut qualitatif s’impose. Le régime algérien est en train de se régénérer pendant cette crise sanitaire mondiale. Une opportunité pour le pouvoir de régler ses comptes avec les acteurs ou alliés du mouvement. La condamnation du journaliste Khaled Drareni en est l’illustration parfaite des intentions du pouvoir qui a la hantise de la reprise du mouvement révolutionnaire. L’intention du pouvoir est de semer la terreur au sein de la société. Mais va-t-il réussir dans son plan diabolique ? Tout dépend de la nouvelle stratégie qui serait adoptée par les acteurs du Mouvement. La clarté s’impose car les ambiguïtés travaillent les contrerévolutionnaires.

Tout doit être débattu, aucune question n’est taboue. Il n’y a que la force de l’argumentaire qui doit primer. Le populisme est l’ennemi de la Révolution et de la démocratie.

Deux slogans résument la philosophie du mouvement révolutionnaire : L’État civil et non militaire et non Théocratique, et L’Algérie libre et démocratique. Il n’y a aucune confusion, le peuple algérien a tranché pour la Démocratie et non pour un autre système de gouvernance.

 

                                                                                                                                  Kamel Amari

 

 

Related posts
PolitiqueWeb TV

Emission-Digitale sur le CRN et les principaux défis à relever

PolitiqueWeb TV

Emission-Digitale sur la presse en Algérie avec Hafid Derradji

Politique

International/ Après les Émirats arabes, c'est le Bahreïn qui normalise ses relations avec Israël

Politique

Algérie/ Dr. Said SADI : « L’islamisme est historiquement mort… »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *