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Algérie/ Contribution : Pourquoi les islamistes et leurs affidés paniquent ?

Algérie/ Contribution : Pourquoi les islamistes et leurs affidés paniquent ?

La double rupture vis-à-vis de l’islamisme politique et le système en place, prônée par le camp des démocrates modernistes progressistes républicains, est le début de la décantation dans le mouvement révolutionnaire enclenché le 16 février à Kherrata et le 22 février à l’échelle nationale.

Nul ne peut nier que le peuple algérien est sorti pour la démocratie et non pour une théocratie. En scandant ‘’ L’Algérie libre et démocratique ‘’ et ‘’ État civil et non militaire ‘’. Tout a été dit dans ces deux principaux slogans traduisant la philosophie du mouvement et les aspirations profondes des citoyens algériens. Cette Révolution c’est aussi celle de la modernité.

Le débat enclenché actuellement sur la place publique va sans doute clarifier la nature de Révolution du 22 février. Dit autrement, les acteurs du mouvement révolutionnaire les plus en vue doivent se positionner et exposer leur vision du monde. Quelle conception de la démocratie ont -ils ? Est-ce la démocratie qui se limite à l’acte de vote ou celle qui se caractérise par des principes ? Entreprendre la voie juste qui sécuriserait la démocratie et ses institutions d’éventuels démolitions ou celle qui mènera le pays vers des horizons inconnus ?

Une question se pose : Pourquoi les islamistes et ses acolytes sont déstabilisés et craignent d’être débusqués ?

La véritable démocratie est régie par des principes fondamentaux qu’on peut résumer de la manière suivante : la garantie des libertés fondamentales (La séparation du politique et du religieux, la liberté de culte et de conscience, le respect des droits humains, l’égalité des citoyens et citoyennes devant la loi, la liberté d’expression et de la presse, la séparation des pouvoirs, la liberté d’association et de réunion (ex, multipartisme, …) ) . Ces questions dérangent énormément les islamo-conservateurs en se prononçant sur ces questions de fond et déterminantes qui vont les démasquer sur le nature du projet de société auquel ils sont attachés.

Ces valeurs démocratiques ne relèvent pas de l’idéologie partisane mais des valeurs universelles partagées par tous les Humains.

Depuis quelques temps, la place de la République à Paris s’est transformée en une véritable bataille entre les partisans de la clarté du débat sur les fondamentaux et ceux qui veulent mouvoir dans un océan obscur et opaque. Ces derniers sont essentiellement représentés par l’organisation islamiste en l’occurrence Rachad. Toutefois, il y a ceux qui évoluent dans une zone grise, des néo-démocrates qui ont choisi insidieusement de soutenir les adeptes de l’obscurantisme.

Ceux qui essayent de fuir le débat ‘’ idéologique ‘’, qui est en fait sur les valeurs inaliénables de la démocratie, ne sont que les défenseurs de la démocratie-élection (se limiter à l’acte de vote). Alors que la démocratie ce sont aussi les principes énumérés ci-dessus.

Avoir peur de clarifier ces questions, une autre preuve que certains acteurs s’inscrivent en porte à faux de la révolution citoyenne qui a tranché pour la démocratie. Cependant, les islamo-conservateurs veulent soumettre la démocratie au vote. C’est-à-dire demain, le caractère républicain de l’État algérien pourrait être soumis au référendum. Si le peuple trancherait pour la théocratie, ces néo-islamistes issus de la recomposition de l’ex. FIS, voudraient revenir en douceur sans bruits en s’associant aux ‘’ idiots utiles ‘’ pour passer leur pilule.

La Révolution dans sa seconde phase ne pourrait que celle d’un sursaut qualificatif axée foncièrement sur les préalables démocratiques loin de l’idéologie partisane. Cette dernière concerne tout parti ou organisation qui a choisi de s’assumer au sein de ses structures.

Un nouveau contrat social s’impose pour asseoir le pays d’une constitution qui traduit les valeurs fondamentales et démocratiques afin de faire barrage à l’absolutisme. La démocratie n’est aucunement la tyrannie de la majorité, mais c’est le droit et la protection des minorités. L’opposition doit avoir sa place et son rôle dans l’échiquier du système politique. Des contre-pouvoirs doivent être garantis par la loi. L’acte de vote ne doit pas être un simple instrument attrape-nigaud pour induire en erreur le peuple.

Freud défend l’idée de la nécessité de protéger le peuple des manipulations populistes : ‘’ « former une catégorie supérieure de penseurs indépendants, d’hommes inaccessibles à l’intimidation et adonnés à la recherche du vrai, qui assumeraient la direction des masses dépourvues d’initiative ’’

La démocratie moderne valorise l’autonomie individuelle et surfe avec le processus séculier.

‘’ Pour qu’il y ait démocratie, il faut que marche de pair la culture (ses objets et ses moyens), des personnalités de référence, et la pulsion sociale. ‘’ Jacqueline Barus-Michel , ‘’ La démocratie dans tous ses états ‘’, in Le Journal des psychologues, 2007 )

Le débat sur les préalables démocratiques va sans aucun doute mettre à nu les islamo-populistes et conservateurs, car ils doivent éclaircir leur projet de société.

La démocratie ne doit pas être le lit des despotes de demain. Les règles de jeu doivent être énumérées en amont et non en aval. La décennie noire qui a engendrée des milliers de morts, dont des intellectuels, journalistes, Hommes de théâtre, artistes, des anonymes, est due à l’octroi d’un agrément à un parti fasciste qui a voulu remettre en cause le caractère républicain en affichant clairement son intention d’instaurer un État théocratique.

Ne pas éclairer l’opinion publique tous ces questions, c’est une manière de préparer les conditions de l’explosion …ce que le peuple rejette énergiquement. La génération actuelle s’inscrit dans une dynamique de la modernité. Voilà pourquoi le débat provoque panique chez les islamistes et leurs affidés…

Seule la double rupture et doter la Révolution d’une charte de valeurs démocratiques communes pour justement échapper à l’arbitrage du pouvoir ( militaire).

 

                                                               Kamel Amari

 

 

 

 

 

 

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