Politique

Algérie/ Pourquoi le RCD a intégré le gouvernement et pourquoi il l’a quitté et quelles sont ses conséquences ?

Pourquoi le RCD a intégré le gouvernement et pourquoi il l'a quitté et quelles sont ses conséquences ?

  Une question que certains se posent, mais ils n’ont jamais écouté les arguments avancés à l’époque par le parti à travers son président en l’occurrence Dr. SADI. On crée un parti pour prendre le pouvoir ou le partager et non pour faire de la figuration esthétique. Dans cette contribution, on va essayer de présenter les arguments les plus pertinents loin du populisme ambiant.

 

La démocratie c’est aussi le droit au dissensus. Chacun de nous a le droit de faire sa lecture de n’importe quelle décision politique prise par un parti ou personnalité politiques. La politique n’a jamais été une science exacte pour qu’on puisse porter des jugements définitifs. C’est facile de faire des lectures politiques en aval des faits.

L ‘intégration du RCD au gouvernement est la résultante également de l’influence de certains partenaires européens ..comme l’UE, en dehors de la décision du conseil national de trancher en faveur de la participation, et autres organisations qui ont exercé une certaine  »pression » indirectement pour rejoindre le gouvernement.

Le refus d’intégrer le gouvernement serait mal interprété et risque de perdre toute crédibilité du parti vis à vis de ses partenaires européens. Mais connaissant le régime, SADI a exigé une déclaration publique sur les engagements sur un certain nombre de refontes de certains dossiers : l’école, la justice et la refonte de l ‘État.

Mais tellement Bouteflika et le système ne donnent aucune valeur à l ‘engagement public et le sens du respect des citoyens. Pour eux, la politique c est l ‘art de mentir et d’induire en erreur le peuple au détriment des intérêts du pays. La carrière personnelle des politicards représente tout à leurs yeux. Leur ruse et leur dictature ont mené le pays à la dérive. Nous subissons aujourd’hui leur gestion irrationnelle.

Les événements de 2001 en Kabylie ont accéléré ce retrait qui est devenu inéluctable. C’est à partir de là que Bouteflika a décidé de s ‘attaquer à SADI en personne en faisant tout pour s ‘approcher de ses proches collaborateurs en le trahissant avec des postes ministériels : Benyounes, Khalida Messaoudi et dernièrement Ould Ali El Hadi,  ….et d autres appelés à d’autres fonctions comme des promotions professionnelles. Certains promus directeurs d’écoles, proviseurs, APS,  ….la liste est ouverte.

Ah, j’ai oublié d’évoquer les députés. Tout ce qui a été fait est juste pour isoler SADI. Mais lorsqu’on s’attaque à un Homme de principe, il sait comment analyser la situation et approcher la problématique sous un angle d’un Homme de lutte. Encore une fois, j’ai omis des faits importants, ce sont les tentatives d ‘assassinats depuis 1994 suite à la marche pour la vérité sur l ‘assassinat de Boudiaf, …

La tentative d’utilisation d’un militant proche de Sadi pour lui remettre un colis miné, les événements de 2011, …En un mot, SADI s ‘inscrit dans une perspective historique comme tous les Hommes d’État et d’autres n’ont rien compris, pensent juste aux postes de responsabilité comme critères de réussite.

C’est comme si Abane Ramdane , Ben Mhidi ou Mustapha Bacha ont raté leur vie parce qu’ ils n’ont pas goûté aux poste de responsabilité ou plutôt l’exercice du pouvoir. Il y a des valeurs qui ne pourraient être comprises que par ceux qui en savent leurs sens. Comme disait Bacha,  » On ne peut pas détruire une montagne avec une pioche  ».  » A vous les hydrocarbures, à Nous l’Histoire !  ». Cette sentence lourde de sens lancée aux accrocheurs de la chaise et falsificateurs d’Histoire est toujours d’actualité.

En définitive, la participation du RCD au gouvernement a été une expérience qui a mis à nu le machiavélisme du pouvoir notamment à travers Bouteflika qui a préféré penser à sa carrière personnelle que de mettre les jalons d’un État moderne. C’est pour cela le changement de l’intérieur du système relève de l’impossible. La Révolution du 22 février a été une opportunité historique pour aller vers cette double rupture. Le peuple a scandé dès le début des manifestations : ‘’ L’État civil et non militaire ‘’. État civil exclut de fait l’État théocratique. La civilité renvoie à l’arbitrage citoyen.

La source du pouvoir est le citoyen, le peuple et non Dieu. Comme le peuple a crié haut et fort : ‘’ L’Algérie libre et démocratique ‘’. Le peuple a tranché pour le régime démocratique comme système de gouvernance afin de permettre à tous les citoyens de vivre dans un pays des libertés individuelles et collectives, la religion se limite dans la sphère privée, l’alternance au pouvoir, le droit des minorités, ….

La transition démocratique est une exigence historique et les préalables démocratiques comme moyens pour sécuriser les acquis révolutionnaires et l’instauration de la véritable démocratie et non celle qui se limite à l’acte de vote.

Le débat sur les fondamentaux démocratique s’impose pour clarifier la nature du processus révolutionnaire en cours.

                                                                                          Kamel Amari

 

 

 

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