Politique

Algérie/ Contribution : Dr. SADI : « Pourquoi le vote, même libre, peut-il conduire à la dictature si cet acte éminemment citoyen n’est pas protégé par l’humanisme républicain ? »

Dr. SADI : "Pourquoi le vote, même libre, peut-il conduire à la dictature si cet acte éminemment citoyen n’est pas protégé par l’humanisme républicain ?"

Dans sa contribution d’aujourd’hui intitulée « Covid-19 : le calcul du pouvoir » , Dr. Said SADI a fustigé le pouvoir qui exploite cette pause imposée par la crise sanitaire pour réduire les espaces d’expression voire se verser dans les manipulations afin d’avorter le processus révolutionnaire enclenché depuis le 22 février à l’échelle nationale. Comme il a proposé des pistes pour faire aboutir la Révolution du sourire en réitérant l’exigence des préalables démocratiques pour sécuriser la démocratie des fascistes ou des antidémocrates.

 

En dressant un bilan catastrophique en matière de gestion de crise sanitaire, Dr. SADI, à travers sa contribution, il met en exergue la nécessité de marquer une vigilance totale pour éviter de tomber dans l’anarchie totale que certains vont exploiter dont le pouvoir et ceux qui sont pressés et adopté des attitudes politiques cyniques en appelant aux reprises des manifestations sans se soucier de la vie des citoyens. Le personnel de la santé est dépassé notamment dans le service des urgences, les chiffres avancés des personnes atteintes du Covid-19 sont en deçà de la réalité sur le terrain, le dépistage négligeable. Et d’ailleurs, Dr. SADI craint une expansion rapide dans les prochains mois lorsque les individus se retrouveraient dans des espaces clos si les mesures idoines ne seraient pas prises à temps. Et tout cela, rajouter le manque de civisme de certains qui ne doit pas « camoufler l’état de déshérence » du système de santé.

Par ailleurs, Dr. SADI a rappelé avoir dénoncé l’annulation du projet de la construction de 5 CHU (Tlemcen, Alger, Tizi Ouzou, Constantine et Ouargla) pour financer la grande mosquée d’Alger.

Pour Dr. SADI, l’Histoire a déjà condamné Bouteflika vue sa déchéance actuelle et ne mérite « ni compassion ni miséricorde« . Bouteflika a eu une opportunité historique propice pour réussir de grandes réalisations, mais « il a renié tous les engagements publiquement : réformes de l’école, de la justice, de l’État, ….« . Dr. Said SADI ne s’éloigne pas de l’essentiel en axant sur le système. Le vrai problème est le système mis en place depuis 1962 et que Bouteflika n’est qu’un représentant de ce système qui est toujours en cours de validité. La pandémie n’est qu’une autre facette de la faillite du système MALG et armées des frontières.

Quel est le défi de l’heure selon Dr. SADI ?

Dr. SADI insiste sur l’exigence morale de se concentrer sur des pistes de solution axées sur la réflexion lucide loin des décisions hâtives sans fondements. Comme il faudrait aussi s’interdire des « liaisons dangereuses« . Sous-entendre, des accords avec des organisations islamistes d’essence antidémocratiques qui ont de desseins fascistes voire fascisantes. Celles -ci « ont tant de fois heurté et perturbé la construction de notre Histoire« . Autrement dit, des alliances qui pourraient être fatales pour le pays. Et il a aussi souligné la non-identification de toutes conséquences et implications de la pandémie.

Comme il a dénoncé aussi ceux qui surfent sur l’essoufflement du mouvement pour émerger et ceux qui appellent au retour des manifestations durant cette crise sanitaire dangereuse pour la population. Cela relève de l’indigence, c’est-à-dire de la pauvreté intellectuelle et du cynisme politique.

Pour Dr. Said SADI, cette halte, elle doit une opportunité pour soulever les varies problématiques en faisant dans l’anticipation et dans la prévention en corrigeant les erreurs ou fautes commises pendant la Révolution du sourire. Car celle-ci est, selon SADI, polluée voire paralysée par des « infiltrations, carriérisme, et surtout par le populisme« . Et d’ailleurs, il a rappelé les appels des marcheurs pour opter pour « la désobéissance civile » et une organisation même provisoire en vue d’exiger la transition démocratique que certains ont sabordés à des fins inavoués. Cette transition est malheureusement « différée » à cause des « lectures primaires et sectaires« .

Inutile de s’attarder sur ce point, car l’essentiel réside dans les stratégies futures en vue d’éviter de tomber dans les mêmes dérapages.

Dans son analyse, SADI met l’accent sur les préalables démocratiques en essayant d’expliquer les principes de la démocratie qu’on ne peut réduire à l’acte de vote : « Le vote, même libre, peut conduire à la dictature, si cet acte éminemment citoyen n’est pas protégé par l’humanisme républicain« .

Il a fait la distinction entre trois concepts importants pour souligner l’importance de recourir aux fondamentaux en fixant des règles bien définies. Dr. SADI cite un certain nombre de valeurs qui relèvent de l’humanisme républicain et non de l’idéologie d’un quelconque parti politique :  égalité des sexes, liberté de conscience et de culte, séparation du politique du religieux, proscrire la peine de mort….

L’idéologie c’est plus programmatique et orientations d’un parti politique comme : la droite, la gauche, le centre. Au peuple de trancher entre ces clivages idéologiques et non sur les valeurs fondamentales humanistes et républicaines.

En ce qui concerne la politique, c’est tout ce qui concerne la manière dont un régime décline ses approches doctrinales à travers des programmes en matière de répartition budgétaire, les priorités ou feuille de route.

Dr. SADI n’a pas manqué pour souligner le caractère absurde voire « poison moral » de l’article 2 de la constitution qui consacre « l’islam religion de l’État« . À part, selon lui, si le régime veut assumer l’option de la théocratie. Il précise qu’un « État démocratique n’a pas de religion« .

Enfin Dr. Said SADI termine sa contribution en se posant une question : « Combien de régimes tyranniques et de même de civilisations ont été emportées par des épidémies ? et de préciser que le temps du tiers-mondisme est fini« .

Et clôture sa réflexion par : « Encore faudrait-il ne pas échapper à la peste pour mourir du choléra…« 

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