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Algérie/ Le FFS : un congrès extraordinaire et des interrogations : serait -il contre-révolutionnaire ?

Le FFS : un congrès extraordinaire et des interrogations : serait -il contre-révolutionnaire ?

Depuis le décès de Hocine Ait Ahmed en décembre 2015, le FFS vit une crise de légitimité et de représentativité du parti. Le congrès extraordinaire du FFS tenu le vendredi dernier à l’hôtel Mazafran à Zeralda ( Alger) a permis de sortir une instance présidentielle. L’équipe de Belahcel a obtenu plus de voix que celle de son concurrent en l’occurrence Ahmed Djedai.

Ce présidium composé de cinq membres dont une femme ont pour mandat de veiller de respecter la politique du parti en application des résolutions du congrès national.

Par ailleurs, le premier secrétaire sera choisi parmi les cinq éléments du collège. Sans doute, Belahcel va revenir à la charge pour constituer son exécutif. Dans un mois, un conseil national va être organisé en la circonstance pour la présentation de l’équipe du premier secrétaire. Le vainqueur a déclaré vouloir aller vers un 6eme congrès rassembleur. Pourrait -il réussir dans cette mission qui ne serait pas évidente vue la nature de la crise. Depuis que Ait Ahmed a quitté la présidence, le parti vit une situation d’instabilité permanente faute d’une personnalité consensuelle et imposante voire charismatique.

 

Il y a lieu de signaler l’absence remarquable de Laskri qui a boycotté ce congrès extraordinaire pour manque de conditions favorables pendant cette crise sanitaire, mais aussi il a dénoncé cette tendance à vouloir normaliser le parti. Il accuse indirectement les organisateurs de ce congrès de vouloir offrir sur un plateau d’argent le FFS au service du pouvoir qui est en quête de légitimité.

 

Lors de la rencontre du PAD, Ali Laskri a clairement dénoncé la normalisation autoritaire du pouvoir. Il a soutenu l’idée d’organisation d’une conférence nationale souveraine de dialogue sans le pouvoir et sans le système. Sans doute son message s’adresse à certains acteurs du PAD qui veulent associer le pouvoir dans cette perspective de sortie de crise du pays. Il défend la thèse de la nécessité de construire un rapport de force avec les forces agissantes en adéquation avec la Révolution du 22 février en vue d’imposer une transition démocratique.

Publiée par Hamid Chachoua sur Samedi 25 janvier 2020

Même si officiellement, ce congrès extraordinaire a pour finalité pour mettre fin à des hostilités internes voire graves et violentes. Toutefois, d’aucuns observateurs considèrent cette précipitation pour organiser ce congrès extraordinaire a pour objectif de se préparer aux prochaines échéances électorales. Ce qui va réconforter le pouvoir dans l’exécution de sa feuille de route en éclatant le pacte du PAD. Cette coalition n’est, en fait pour certains, qu’un assemblage de sigles sans ramifications sociales. Une sorte de coquille vide. La preuve, cette structure est absente sur le terrain. En dehors de quelques sorties timides voire symboliques à Bougie.

Au sein du parti du FFS, les options divergent. Sans doute certains préfèrent s’inscrire dans une perspective électoraliste et une autre équipe voudrait être du côté du peuple en accompagnant la Révolution en défendant l’option de la transition démocratique. Et c’est le cas de Ali Laskri qui s’inscrit en porte à faux avec l’instance présidentielle actuelle.

Les seuls partis qui ont organisé leur congrès sont le FLN et le RND. Ces derniers ne sont que des appareils d’État au service du pouvoir. Pour combler le déficit de légitimité, le régime essaye de reconstituer une nouvelle clientèle en choisissant lui-même ses partenaires dans sa coalition ou voire même ses opposants.

D’aucuns considèrent le congrès extraordinaire du FFS comme une volonté de normaliser le parti en vue de se tenir prêts aux prochaines élections notamment législatives.

Sans doute le pouvoir entreprend des négociations dans les coulisses pour créer les conditions de divisions au sein du PAD pour ramener une partie à accepter le retour au processus électoral. Cette stratégie a pour finalité de trouver des alliés et ne pas se retrouver seul face à un peuple qui refuse d’abdiquer.

Les islamistes sont des alliés naturels du pouvoir. Ils sont en quelque sorte un paravent pour bloquer toute alternative démocratique. Depuis 1962, l’alliance militaro-islamo-conservatrice a permis au régime de perdurer en manipulant plusieurs segments sensibles sociales : la religion, l’identité, l’unité nationale, l’Histoire,  …..

 

C’est pour cela, plusieurs acteurs du mouvement révolutionnaire du 22 février préconisent de doter ce dernier d’une organisation capable de créer un rapport de forcer afin de faire fléchir le pouvoir en place et l’amener à négocier une transition démocratique. Ainsi qu’une charte de valeurs démocratiques communes afin d’éviter de recourir encore une fois à l’arbitrage du pouvoir (les militaires) si le pays se retrouve devant le langage de violence. Sans cadre bien défini de l’Algérie de demain dans lequel les fondamentaux démocratiques ne seraient pas clarifiés, le pays n’est pas à l’abri d’autres formes de turbulences plus graves notamment dans le contexte national, régional voire international actuel.

Il y a le camp des forces révolutionnaires, mais il y a aussi celles qui s’inscrivent dans l’optique contre-révolutionnaires. Dans les prochains jours, la décantation va s’accélérer.

 

  Une question se pose : Le congrès extraordinaire du FFS tenu vendredi dernier serait -il contre-révolutionnaire ?  Cette question ne concerne pas seulement le FFS mais pourrait se généraliser à la coalition du PAD….

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