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Algérie/ Contribution : Pourquoi près de 150 militants du RCD démissionnent à Tizi Ouzou ?

Pourquoi près de 150 militants du RCD démissionnent à Tizi Ouzou ?

La goutte qui a débordé le vase est l’article publié dans un organe de presse électronique proche du RCD en faisant l’éloge de Amir dz, un jeune activiste de Rachad, en le présentant comme une référence en matière de laïcité et reprendre une diffamation à l’encontre du fondateur du parti et ex. président du RCD pendant 23 ans en l’occurrence Dr. SADI en l’accusant d’être impliqué dans l’assassinat de Matoub Lounes.

Cet article a suscité chez les militants du parti une révolte au point de rédiger une lettre ouverte au président du parti actuel en lui expliquant toutes les irrégularités et reniements des principes et valeurs fondamentaux notamment la laïcité. Les militants ont senti que leur parti a changé d’identité en empruntant une voie qui n’est plus la sienne.

Tout a commencé par la signature par le président actuel du parti d’un document impliquant Dhina. Il y a lieu de rappeler que ce dernier est un cadre de Rachad, ex. militant de l’ex. FIS. Il avait déclaré à propos des assassinats de Tahar Djaout, Boussebci , Yefsah, …..les 123 militants du RCD : ‘’ Les démocrates , les laïcs et les communistes doivent accepter d’avoir leurs martyrs ….’’. Une manière de se réjouir de leur assassinat. Comment s’asseoir avec une telle personne. Cela devient immoral.

Et d’ailleurs Dr. SADI a refusé de rencontrer Dhina. Ce dernier l’a sollicité par l’intermédiaire de l’ex. ministre algérien Ben Ouari et cela pour des raisons éthiques et morales comme expliqué par le fondateur principal du RCD.

Il y a lieu de rappeler que Dr. SADI a quitté la présidence du parti en 2012 de son propre gré et que tous les congressistes avaient rejeté cette décision. Tous les militants du RCD avaient souhaité que Dr. SADI continue de gérer le parti. Mais il a voulu montrer la voie et donner une leçon pédagogique en instaurant la culture de l’alternance au sein des instances du parti. Il a placé toute sa confiance en son successeur. Mais celle -ci n’a pas été respectée en divorçant de son ancien président pour des raisons énumérées précédemment.

Lorsque le parti est créé en 1989, il a pour finalité de réaliser la double rupture : vis-à-vis du système en place et l’obscurantisme et l’islamisme. C’est ce qu’on lit dans la lettre ouverte au président du parti en annonçant leur démission collective dans la Wilaya de Tizi Ouzou. Près de 150 signataires de démissionnaires regroupant des cadres, des élus et militants de base. Ils refusent de cautionner le changement d’identité du parti en adoptant une stratégie étrangère à la culture et parcours historique du parti. Ils refusent de trahir la mémoire des 123 militants du RCD assassinés par ‘’ la famille qui recule’’ pendant la décennie noire, considérés des martyrs de la République démocratique de l’Algérie. Ils ont préféré de résister que de céder au fascisme vert.

Les militants démissionnaires rejettent toute idée de rapprochement avec Rachad ou mouvance islamiste qui a pour projet, faire revenir la société algérienne pour vivre dans l’obscurantisme et l’intolérance.

Par ailleurs, les militants démissionnaires du RCD ont mis l’accent sur ‘’ le bradage de notre programme et nos principes comme la laïcité…la direction actuelle veut assassiner nos symboles pour rejoindre la feuille de route de Rachad …’’.

Les démissionnaires réitèrent leur combat pour un ‘’ État civil, non militaire et non théocratique ‘’.

Il y a lieu de rappeler que le fief du RCD depuis sa création est la Kabylie notamment la ville de Tizi Ouzou qui avait un potentiel de militants important sur le plan quantitatif et qualitatif.

Cette démission collective traduit leur soutien actif au Dr. SADI dans cette guerre contre le Rachad et ‘’ idiots utiles’’.

Depuis la création du RCD en 1989 sous la présidence du Dr. SADI, le parti refuse de faire des compromissions lorsqu’il s’agit des fondamentaux et valeurs démocratiques. Et d’ailleurs, Dr. SADI est la seule personnalité politique sérieuse qui fait des contributions sur la Révolution du 22 février en insistant à maintes reprises de la nécessité de doter la Révolution du sourire d’une charte de valeurs fondamentales communes pour sécuriser la Démocratie. Il refuse de participer au jeu de la roulette russe et y revenir à la tragédie nationale vécue par le peuple algérien pendant la décennie noire.

Enfin, les militants de principe ne peuvent pas continuer de cautionner ces revirements incompréhensibles en matière de changement de ligne stratégique en changeant l’identité du parti. Et c’est ce qui est perçu et vécu par l’essentiel du potentiel militant du parti d’essence laïque. Le seul parti qui a osé, en 1989, d’utiliser le concept de laïcité pour traduire la philosophie du parti en séparant le religieux du politique. Cette faute fatale du pouvoir en octroyant l’agrément à un parti islamiste, et les conséquences des manœuvres criminelles et irresponsables de ceux qui voulaient domestiquer une ‘’ bête féroce’’.

Les militants du RCD ont beaucoup d’estime au fondateur principal du parti en l’occurrence Dr. SADI pour son engagement et sa lucidité. Toucher à ce symbole du combat démocratique, des droits de l’Homme et la question identitaire met ses sympathisants en colère voire révolte. D’autres villes pourraient emboiter le pas. Les attaques contre Dr. SADI sont perçues par les militants et sympathisants comme atteinte à un symbole. Déclarer dans une déclaration de résolution du conseil nationale que le RCD d’avant 2012 n’était qu’’’ groupe de pression ‘’ cela relève de l’absurdité. En multipliant ce genre de déclarations contre Dr. SADI, les militants fidèles au parti de sa ligne originelle tracée par Dr SADI , Bacha et autres militants de grande valeur rejettent ces attitudes irresponsables voire mesquines.

Dr. SADI est la première personnalité politique qui a dévoilé les intentions de l’organisation islamiste Rachad en dévoilant ses ramifications transnationales en tissant des liens évidents avec les frères musulmans. Une confrérie qui a remontait en 1928 , créée par EL Benna qui avait comme objectif d’appliquer la Chari3a et la restauration du Califat ottoman. Rachad est leur relais en Algérie. La Kabylie est particulièrement visée pour détruire le dernier rempart contre l’idéologie arabo-islamistes en s’alliant avec des ‘’ idiots utiles ‘’ pour conquérir cet espace laïc. Il y a même des partisans de ‘’ l’islamisation de la laïcité. C’est absurde comme projet machiavélique !

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