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Algérie/ Interview avec AKNINE Essaïd sur la révolution du 22 février

Interview avec AKNINE Essaïd sur la révolution du 22 février

Les opinions divergent quant aux nombreux processus de démocratisation que le monde est entrain de vivre, le cas algérien en est un, et la révolution pacifique du 22 février 2019 n’a pas cessé jusqu’à l’arriver du Covid-19. Que pouvons-nous dire là-dessus ? Que la société algérienne a gagné cette maturité politique au fil des ans ? C’est pour cette raison que les marches ne sont pas arrêtée et depuis les revendications se multiplient. Mais le régime est visiblement disposé à toutes les extrémités à l’égard du Hirak, surtout que le travail de désinformation médiatique et les tâches accomplies des mouches électroniques s’accentuent de plus en plus. C’est dans cette idée que je me suis engagé dans cette partie à interviewer des personnalités qui sont incluses d’une manière ou d’une autre à cette révolution pacifique, des personnalités qui ont contribué magnifiquement à l’écriture de ce travail de recherche. Je pense que sans leur aide, ce mémoire de recherche n’aurait jamais vu le jour surtout par rapport aux détails qui m’ont été données et cette vision éclairante et éveillante de mes interviewés.

Interview avec AKNINE Essaïd tenue le 28/04/2020.

 

  • CHENNIT Nassim: Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter ?

  • Au tout début, je vous souhaite beaucoup de succès dans ce que vous faites, le travail finit toujours par payer, la persévérance et ce qui a fait de nous ce que nous sommes est dû aux efforts de nos parents, nos villages nos enseignants nos communes et notre pays, toute notre gratitude vont à ces derniers. Je m’appelle Essaid AKNINE, fils du peuple, j’ai fait mes études dans une école primaire collège lycée et université, mais les enseignes qui m’ont le plus appris c’est la misère et la vie.

 

  • Que pensez-vous du bilan de Bouteflika ?

  • Le bilan de Bouteflika c’est le bilan de tout un système, Bouteflika est venu parachever l’œuvre du système de tuer la personnalité Algérienne, il n’est qu’un instrument des généraux qui sont considérés comme étant la colonne vertébrale du système. Quand on voit la quantité de souffrance infligée aux Algériens et Algériennes, on se rend compte de l’échec planifié depuis l’assassinat de Abane RAMDANE à aujourd’hui.

 

  • Est-ce que Bouteflika c’est la cause de cette révolution pacifique ?

  • Ce que font les Algériens aujourd’hui est entrain de révolutionner le sens des révolutions, nous ne l’appelons pas Hirak, car Hirak veut dire dynamique et mouvement qui est circoncis dans le temps, nous ne l’appelons pas aussi révolution car qui dit révolution dit armes, violence et sang. Ce que font les Algériens aujourd’hui c’est de la Silmiya (pacifique) qui est un engagement volontaire pour un changement radical du système. Dans tous les processus révolutionnaires dans le monde, y’a des conditions objectives et subjectives. Et parmi les conditions objectives citons, la Hogra, le chômage, la misère, le déni de droit, l’absence de liberté, la dictature, la loi d’exception, les disparitions forcées…etc. Toutes ces conditions conduisent à créer un certain sens de révolte et une irruption sociale.  L’une des conditions subjectives était ce 5ème mandat qui a été interprété par le peuple Algérien comme une atteinte à leur dignité. Le cinquième mandat était une étincelle qui a fait jaillir un brasier non pas pour bruler mais pour faire naitre un espoir nouveau.

 

  • Selon vous quel rapport établir entre les réseaux sociaux et cette même révolution?

  • Le système transforme les outils d’information en outil de propagande, les régimes totalitaires utilisent les outils de communication et d’information pour assoir l’hypnose sociale, les détournements de l’opinion. C’est l’outil d’information populaire qui a permis de casser la chape des plans d’information, permettre la circulation horizontale de l’information “entre les citoyens”, démentir la propagande du système et créer le lien que le système faisait tout pour casser.

 

  • Pourquoi selon vous, l’Algérie a plus ou moins été épargnée par le printemps arabe ?

  • Y’a un facteur démographique, les jeunes qui sont sortis ne sont pas porteurs des stigmates et des traumatismes de la dictature de Boumediene, ils ne sont pas porteurs aussi des peurs de la décennie de la guerre contre les civils, bien au contraire ils sont porteurs de l’espoir. C’est une jeunesse qui est ouverte sur le monde.

 

  • Comment jugez-vous les arrestations arbitraires de cette révolution pacifique ?

  • Tout régime dictatorial utilise un certain nombre de méthodes pour se régénérer et se maintenir ; la terrorisassions pour faire peur et avorter la silmiya. Les arrestations sont arbitraires car elles ne reposent sur aucun argument logique. Elles s’inscrivent dans la stratégie de faire peur et de réveiller le traumatisme de la dictature et de la guerre civile, c’est toutes des stratégies psychologiquement élaborées pour revenir à la résignation acquise qui fait de sorte que le peuple Algérien ne réagit pas aux coups.

 

  • Que pouvez-vous nous dire des “mouches électroniques” ?

  • Ça s’inscrit dans le cadre de la contre-révolution, leur rôle c’est d’infester pour éloigner le peuple de la vérité, pourrir l’espace publique et intoxiquer le débat politique, son objectif c’est la dissonance cognitive, articulée autour de la désorientation, qui a pour but de semer le doute, la désinformation et la dévitalisation dont le but est la prolifération de l’information.

 

  • Vous êtes un infatigable et un activiste des réseaux sociaux, Est-ce que vous recevez des intimidations ou des menaces ?

  • La peur est tombée le 22 février on est déterminés et nous sommes entrain de sourire à cette nouvelle Algérie, à l’avenir et à ces horizons que nous sommes entrain de labourer. On n’a peur de rien. Vive le sourire, vive l’Algérie et vive le peuple Algérien.

Interviews tirées dans le mémoire de recherche : Le rôle des réseaux sociaux dans la révolution citoyenne algérienne de 2019 : Une lecture de Facebook et de Youtube comme deux outils de communication politique de M. CHENNIT Nassim à l’université de Paris Nanterre. Avril 2020.

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