Société

Ramadhan/ L’Arabie Saoudite autorise le non-jeûne et interdit sa punition

Ramadhan/ L’Arabie Saoudite autorise le non-jeûne et interdit sa punition

La décision de Mohamed Ben Salman sera-t-elle suivie par d’autres pays musulmans ?

Dans une note aux différents commissariats et «parties concernées» dans toutes les régions du royaume, le ministre saoudien de l’Intérieur a instruit les forces de sécurité de ne pas s’en prendre aux non-jeûneurs qui sont désormais autorisés à ne pas s’astreindre au rituel du Ramadhan. Selon la note du ministre, l’instruction émane de l’homme fort du régime wahhabite, Mohamed Ben Salman.

«En application des directives du prince héritier, vice-Premier ministre et ministre de la Défense, et des résolutions du Conseil des ministres, il a été décidé de ne pas porter atteinte à toute personne qui ne jeûne pas ouvertement ou secrètement durant tout le mois du Ramadhan, et ce, par respect aux droits de l’Homme tel que prescrit par Allah, eu égard aux valeurs humanistes et morales, et en concordance avec la nouvelle vision du royaume et son aspiration au progrès et à la prospérité, ainsi qu’à l’élévation de la culture de notre noble société, pour toutes ces raisons, toutes les précédentes décisions sont annulées et sont remplacées par celle-ci», lit-on dans la note adressée par le ministre de l’Intérieur, Abdelaziz Ben Saoud.

Il est à noter que cette mesure prise par le gouvernement saoudien fait suite à une série de changements opérés par le prince héritier dans le royaume. Des réformes insufflées par le jeune prince aux prérogatives illimitées et qui s’inscrivent dans une perspective d’abandon de la doctrine wahhabite et d’ouverture de la société saoudienne à la modernité. Mohamed Ben Salaman a planté le décor dès son avènement au pouvoir de façon officieuse, en attendant de prendre les rênes du pays en remplacement de son père âgé. Une succession qui ne se fait pas sans grabuges, puisqu’une tentative de coup d’Etat a été avortée récemment et des querelles internes à la pléthorique famille régnante font courir au pays le risque d’une guerre de leadership.

Le fils du roi Salman, qui a été éclaboussé, par ailleurs, par l’assassinat de l’opposant Jamal Khashoggi mais qui s’en est sorti indemne, a commencé à sortir la société saoudienne de son enfermement dans des dogmes rigides en autorisant les femmes à conduire, en organisant des concerts de musique et en incitant les Saoudiens à se défaire d’un certain nombre de pratiques archaïques et à prendre exemple sur les pays occidentaux, notamment les Etats-Unis où Mohamed Ben Salman avait effectué une visite fort remarquée en avril 2018. Une visite durant laquelle il a visité la mecque du cinéma mondial, Hollywood, et la Silicon Valley, le pôle des technologies de pointe de renommée mondiale.

D’autres Etats musulmans pourraient suivre l’exemple de l’Arabie Saoudite dont les décisions à caractère religieux sont souvent perçues comme une fatwa applicable par toute la communauté musulmane de par le monde, bien que des pays, comme la Turquie, n’imposent pas le jeûne en raison du caractère laïc du régime, bien que le pouvoir soit entre les mains d’un parti islamiste, l’AKP de Tayyip Recep Erdogan.

En Algérie, le non-respect du jeûne en public est réprimé, bien qu’il n’existe aucune loi qui astreigne les personnes à ce rituel. Des tentatives de briser cette obligation implicite sont lancées par-ci par-là par des Algériens qui dénoncent une atteinte aux libertés individuelles et collectives, mais elles demeurent timides.

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