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Le 8 Mars : Une énième journée de lutte

Par Catherine HAMEL.

Ah, elle est loin l’époque des luttes, celle où l’on savait créer le rapport de force.

Que nous reste-t-il des pionnières, des suffragettes, des amazones et des autres ?

Comme avec la Saint-Valentin, et la fête des mères, le 8 Mars, attention à ne pas se faire entourlouper.

 

D’abord la controverse

 

Clara Zetkin, journaliste et politologue allemande, décide lors de la conférence internationale des femmes socialistes en 1910 de créer la journée internationale des femmes, dans un contexte défavorable aux femmes. Cette journée vient répondre et commémorer le combat des ouvrières. Mais comment inclure toutes les femmes dans cette lutte pour nos droits ? Comment éviter le clivage bourgeoisie/prolétariat pour être unie contre un ennemi commun ?

L’initiatrice de cette journée a un avis tranché « Marx a forgé le glaive qui a tranché les attaches entre mouvement féminin prolétarien et bourgeois ». Il faut laisser la lutte des classes de côté. Et lutter ensemble.

Pour Madeleine Pelletier, il est nécessaire de faire la distinction et de créer l’alliance entre Féminisme et Socialisme.

Qui sont ces femmes qui nous ont insufflés le combat, qui nous ont ouvert la voie et que l’on a trahit par notre laxisme ?

Les ouvrières du textiles, les couturières, les chemisières américaines, les 343 Salopes, les Pelletiers, les de Gouges, les Fadhma N’Soummer…

 

Puis la récupération

 

« On est ravie c’est la journée de la femme » d l3id n tilawin s’exclament -elle sur Berbère TV.

« Merci pour nos droits » peut-on entendre à nouveau, comme si les chemisières, les ouvrières du textile, et les couturières américaines avaient attendue niaisement que l’on leur donne leurs droits comme un enfant attendant sa récompense pour avoir été un bon chiard.

Quant au Capitalisme il se frotte les mains « -70% sur le billet » pour Air Algérie.

400 da le concert de musique à l’occasion de la journée de la femme ai-je pu lire sur un flyer à la charte graphique des années 80. La journée de la femme. Laquelle ?

Mais les hommes ne sont pas en reste, il est présent l’homme moderne, le nouvel homme, le féministe qui offre des roses à celle qui partage sa vie, on l’imagine fier comme un bœuf « Chéri tu es à cause de moi victime de charge mentale car tu fais la majeure partie des tâches ménagères ? Tu t’occupes des enfants, et tu penses toute la semaine à la poubelle que je n’ai pas eu envie de descendre, mais ce n’est rien, car le 8 c’est ta journée. »

« Tu ne peux pas sortir le soir car tu risques de te faire agresser ? Tu es maintenu par notre pays au statut de mineure à vie ? Pourquoi faire la tête, regarde ! Le 8 Mars c’est ta journée ! »

On observe un vrai défilé du capitalisme, mit en lumière par le patriarcat, qui met ce jour-là ses plus beaux vêtements, pour dissimuler la supercherie dont notre journée de lutte est victime.

 

Le 8 Mars c’est tous les jours, le cri du cœur

 

Maintenant, ça suffit, on s’active et on va descendre dans les rues. Elle date de quand la grande marche féministe du 8 Mars en Algérie ?

Arrête ce que tu fais, et va arracher tes libertés.

Bats-toi et lutte pour celles qui n’ont pas pu le faire, car fauchée par le féminicide.

Crie et égosille toi, pour les milliers d’algériennes qui ne demandent pas mais exige la fin du code de la famille. Car en tant que femme, soit tu es mère, soit tu es sœur, soit tu es femme de, mais jamais toi-même.

Frappe le pavé pour dire non à ces islamistes, à ces conservateurs qui qualifie ton sexe de second au nom de croyances instrumentalisées.

Le 8 Mars, dit Stop au harcèlement, va et vient comme tu l’entends, fini de jouer le taxi en allant d’un point A à un point B. Les rues t’appartiennent.

Le 8 Mars défend ces étudiantes slutshamées, insultées, car libre d’être ce qu’elles veulent, en emmerdant la morale bienpensante.

Le 8 Mars défend ton salaire, qu’il soit égal à celui de l’homme, brise ce plafond de verre.

Le 8 Mars, rappelle qu’une société ne se fait pas sans la moitié de la population.

Le 8 Mars, on dénonce les propos sexistes de Karim Tabbou, mais aussi de tous nos élus, qui pensent que la finalité de nos vies est le mariage en nous assignant à des stéréotypes de genre.

Le 8 Mars on exige l’abrogation de la clause du pardon,

Le 8 Mars on défend les victimes de viols, et d’agressions sexuelles.

LE 8 Mars on serre le poing fermement vers le ciel, pour toutes ces femmes qui luttent dans le monde entier.

Pour les mexicaines qui connaissent un nombre de féminicides chaque jour qui dépasse l’entendement.

Pour les Syriennes doublement victime de la guerre et du terrorisme militaro-viril.

Pour les femmes du Salvador emprisonnées pour avoir fait une fausse couche.

Pour les Françaises qui perdent la vie tous les 3 jours sous les coups d’un conjoint.

Pour nous toutes.

Le 8 Mars, c’est tous les jours jusqu’à ce que ce 8 mars ne soit plus.

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